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Le cheval d’Alexandre

Pénélope Jossen, je l’observe depuis ses débuts. Son épanouissement plastique et esthétique est un éblouissement pour les yeux des enfants.
On sentait déjà le trait se libérer dans sa  Panthère noire. Il est clairement devenu libre et souple dans Bucéphale, une histoire d’amitié entre un enfant et un cheval, pas n’importe lesquels, puisqu’il s’agit d’Alexandre le Grand et de son célèbre Bucéphale. On trouve l’un petit et fragile, l’autre sauvage et indomptable.
Ces deux-là vont se comprendre et ne feront plus qu’un.

L’histoire est belle et fait référence à l’histoire de l’Antiquité évoquée plus bas dans l’article avec deux images, une mosaïque antique et une peinture offrant une version épique et romantique de leur légendaire complicité.

Pénélope Jossen s’attache à proposer des cadrages intéressants et expressifs. Ainsi les jeunes enfants, ceux qui ne lisent pas bien encore, trouveront dans les illustrations des éléments de compréhension. Par exemple, quand elle décrit le cheval comme grand et fort, le cheval se déploie sur une double page, et plus encore. Son corps si puissant ne peut être montré dans son entier. Au contraire, dans la sensation d’être petit, elle le met en perspective au loin dans la page.

Il est intéressant d’observer comment la créatrice donne de l’ampleur au récit en restant minimaliste. Aucune végétation, aucune architecture. L’histoire baigne dans un jaune-soleil-grec, où danse l’expressif trait noir. . Seul le rouge vient perturber notre regard. Le rouge du vêtement d’Alexandre, en écho au rouge de la cape que porte son père Philippe de Macédoine.
Une illustration a aussi retenu mon attention en particulier, me rappelant celle de la petite Charlotte chevauchant son Chien Bleu en toute liberté dans les champs, ou  celle de Wen courant aux côtés de la tigresse, dans Le Prince Tigre.

J’ai vu les yeux des enfants captivés, ce matin, en racontant l’histoire dans une classe. Et en effet, l’entente entre l’enfant et le cheval , qui reste l’essentiel du récit, les touche profondément. Une entente gagnée par la douceur et l’intelligence. Mais on pourrait aussi explorer  un peu de la Grèce Antique puisque sont évoqués Achille, Philippe de Macédoine, Alexandre…. Ou bien parler des chevaux, des étalons et de leur caractère.
Personnellement, j’ai eu très envie d’aller galoper.

Une video pour vous mettre en appétit: https://www.youtube.com/embed/kwxKDKRKurY

Découvrir Pénélope Jossen

Bonne nouvelle: cet album magnifique est dans les abonnements-livres MINIMAX de l’école des loisirs cette année !

…quelques images d’Alexandre et Bucéphale:

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce nom qui signifie en grec «tête de boeuf» est celui du cheval favori d’Alexandre le Grand. Il mourut probablement des blessures reçues lors d’une bataille en 326 avant JC. En sa mémoire, Alexandre fonda la ville de Bucephala sur la rive occidentale du fleuve (près de l’actuelle ville pakistanaise de Jhelum). Le conquérant avait reçu le cheval en cadeau de son père, Philippe II de Macédoine, à l’âge de 12 ans. Il avait la réputation d’être indomptable mais le jeune homme remarqua qu’il avait seulement peur de son ombre. En conséquence, il le plaça face au soleil et réussit de la sorte à le calmer et le monter !