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Lola sur le rivage

Il y a quelque chose d’immédiatement séduisant à suivre cette silhouette qui regarde la mer et nous fait sentir l’air du large. Avec ses couleurs, ses paysages et son histoire,  Lola sur le rivage de Teresa Arroyo Corcobado est un premier album publié chez -m.ed, très prometteur d’envol dans l’espace et dans la vie ! Grâce à Lola, une jeune fille qui quitte le monde urbain pour s’installer avec ses parents et son chien au bord de la mer, dans un paysage entouré de montagnes…

Sans doute, en raison des maisons colorées, on pense à ces villages nordiques de Terre-Neuve, d’Islande ou de Scandinavie.
Quoi qu’il en soit, Teresa Arroyo Corcobado construit un paysage où les montagnes, la mer, les plaines ou les maisons forment un véritable décor de théâtre pour la narration qui se joue. 
Il y a quelque chose d’à la fois ludique et de poétique dans la manière dont elle dispose les maisons ou la façon dont les petites baies sont dessinées. Les couleurs rythment l’espace de façon dynamique et joyeuse. On est entre le cubisme (accumulation des petites maisons) et l’expressionnisme coloré des peintures du célèbre Groupe des Sept (Tom Thomson, Franklin Carmichael…).
Oui, les illustrations intriguent notre œil et obligent le lecteur à prendre le temps d’admirer le paysage à chaque page. 
Quant à la technique, il est clair que la créatrice en appelle à toutes les ressources pour s’exprimer (mixed media), ce qui n’est pas facile : collages de papiers colorés (qui créent de la profondeur), crayons de couleurs, gouaches, pastels à l’huile et peut-être même quelques traits au feutre ? Les personnages dont les silhouettes sont en aplat (parfois collées), contrastent avec le paysage qui d’une certaine manière est plus animé, plus riche.

L’histoire, tout en douceur et en retenue, s’apparente à un récit initiatique : apprivoiser une nouvelle vie. Après avoir rejeté son nouvel univers et ressenti fortement la solitude, Lola tisse peu à peu un lien avec la nature. Comme la mer, nous, lecteurs, sommes ses yeux, nous sommes «son» ou «sa» confident.e. La mer chahute, chuchote. Alors à mon tour, je lui raconte mes secrets.

La force du récit se situe aussi dans la symbolique :  c’est en suivant sa mère —qui exerce l’un des plus beaux métiers du monde (factrice) — que Lola va découvrir la mer, mais aussi les artisans, le gardien du phare et les trésors que le monde marin lui livre. Grâce à ces richesses qu’elle découvre, elle ouvre son cœur et sera alors prête à les partager avec ses nouveaux ami.es.

Il est bon d’avoir une mère en mer…
Coup de chapeau à ce premier album paru chez -m.ed !