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Le plus bel été du monde

À toutes et tous, je souhaite Le plus bel été du monde ! Je vous le souhaite du fond du cœur, et tiens, pour vous y accompagner, voici ce magnifique et poétique album de Delphine Perret, publié aux éditions Les fourmis rouges, et dédié « Aux lieux qui demeurent et nous voient passer ».
Elle nous invite à entrer dans ce lieu qu’elle connait bien, aux lumières, aux formes et aux couleurs toujours changeantes.


Ce gros album de cent vingt-cinq pages prend son temps. D’abord il faut atteindre ce lieu, puis le découvrir, se l’approprier, l’explorer, l’admirer, le comprendre… C’est tout cela que nous invite à faire Delphine Perret. Il faut bien toutes ces pages pour raconter les sensations retrouvées et admirer ce que la nature nous offre : les chants d’oiseaux, la variété des feuillages, les intrigantes petites bêtes et les plus grosses, les teintes de vert, de jaune, de rose à l’infini.

Mais pas seulement. Il faut bien aussi toutes ces pages pour grandir. En effet, Delphine Perret ne se contente pas de montrer la nature, elle nous permet d’être témoin d’une relation entre un petit garçon et sa maman, le temps d’un été. Leurs dialogues contiennent leurs étonnements, leurs souvenirs, leurs envies, leur complicité et leurs repas partagés. Nous ne sommes pas toujours en pleine nature car parfois il pleut, ou l’on s’ennuie un peu.

Dans cette maison que l’on devine seulement, il y a une histoire. Le garçon et sa mère révèlent ce lien au passé qu’ils égrènent au gré de leurs déambulations, dans cette nature qui inspire et nourrit leurs dialogues. Et puis il y a quelques visites qui cassent l’isolement du couple mère-fils et racontent un peu de leur vie.

Tout est beau. Les espaces, le temps qui passe sans nostalgie (le garçon a grandi depuis l’an passé, ses bottes sont trop petites). Tout est dit et montré avec une simplicité poétique propre à cette créatrice. Ses aquarelles sont aussi fluides que l’écoulement du temps. Aussi colorées que l’été épanoui. Elle alterne son récit de dessins (souvent des petits objets ou des trouvailles ramassées ou collectionnées par l’enfant), de motifs en couleurs et de magnifiques pleines pages donnant au lecteur toute la dimension de l’espace.

Son équilibre entre les illustrations et les petits dialogues est parfait. Inutile d’en dire plus quand nous voyons, au fil du temps et des pages, des lacets se nouer avec maladresse au début puis faits de boucles parfaites à la fin du livre. Une petite victoire qui n’a nul besoin de mot. Écriture et dessin ne font qu’un.

Bien sûr, tout n’est pas idyllique, le temps d’un été. Il y a parfois des petites disputes, des bouderies et des ennuis. Mais rien n’est urgent à régler devant la vie accueillante de cette nature riche et prometteuse. Le temps est infini.

Avec la touche d’un carnet de croquis, à l’aquarelle sur fond blanc, Delphine Perret donne à voir et ressentir toute la joie de ce temps arrêté en vacances. Elle nous offre beauté et respiration au milieu du tumulte de nos vie, égales à la beauté et la respiration de l’amour entre une mère et son enfant. Une splendeur.

Rappelons que cet album a gagné le Prix Sorcières 2022 catégorie Carrément beau maxi.

Je vous souhaite le plus bel été du monde, rempli de soleil, de scarabées, de libellules et de papillons et où que vous soyez, dans « ces lieux qui demeurent et nous voient passer ».