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Liberté sur trottinette!

Voici en cinq chapitres, l’histoire désopilante de Jacquotte et Sheila suite à la découverte de PP : Jacquotte, notre narratrice, une adorable petite poulette, adore Sheila, sa baby-sitteuse, jolie pouliche très branchée, accro à son portable, arborant une belle crinière, maquillée, coiffée, et tout et tout.
« Avec elle, c’est tous les jours l’aventure. »

Premier album très réussi, délicieux, malicieux et drôle d’Alice Bunel qui jusqu’ici, dessinait pour des fanzines des histoires de jeunes femmes survoltées, équipées de téléphones portables et immergées dans l’époque de la tête aux pieds. Pour cet album, elle a récupéré l’une d’entre elles, Sheila et en fait la baby-sitteuse de Jacquotte; un duo est né.
Jacquotte a parfois du mal à suivre sa baby-sitteuse emportée et exaltée … Mais…trop tard ! Sheila est déjà rentrée dans cette nouvelle animalerie, laissant sa Cocotte traverser la rue toute seule « …si ma mère savait ! »

C’est là que tout commence car elles vont y découvrir des tortues, des chats, des escargots et, dans un petit enclos, quelque chose de bien plus à la mode depuis quelques semaines, des PP. Non, non, vous ne vous trompez pas ! Les PP c’est bien ce que vous pensez, ce sont des Petites Personnes. Et si Sheila est carrément emballée (aller hop, un selfie avec une PP!) exprimant même son désir d’en posséder une, Cocotte est nettement plus dubitative.

Faut dire que la vie des PP ne semble pas géniale. Et le vendeur de l’animalerie, une espèce de lapin mal léché, leur interdit de leur parler.
C’est en allant rendre visite à l’amie de Sheila, Cassiopée dite « Casse-pieds », qui elle, a eu une PP pour son anniversaire, que tout va débouler. Cette Cassiopée n’est vraiment pas très agréable, et sa PP (qui s’appelle Venise) n’hésite pas une seconde quand s’ouvre la possibilité de sauter dans le sac de Cocotte. Cocotte l’amènera à l’école en la cachant dans son chandail et bien sûr, ça va créer des petites embrouilles…

Si les PP sont nettement plus heureuses entre les mains des enfants, elles ne le sont pas assez quand même pour continuer à vivre enfermées. C’est ainsi que, de fil en aiguille, on arrivera au chapitre 5 « Libérer les PP ».

De fil en aiguille, cela veut dire …
Au gré de dialogues adorables, succulents, amusants.
Au rythme des illustrations dont les couleurs allant du vert vif au rose malabar, de l’orange au bleu azur rendent la lecture très dynamique.
Au rythme d’un scénario très bien ficelé et inventif.
Le tout, traversé d’une très grande liberté. Car Alice Bunel fait fi des codes habituels et apporte ici un vent de fraîcheur saupoudré d’humour et d’un pointe d’ironie sur notre société, nos selfies, nos superficialités, nos « bien-penser ».

Aller… Oserai-je un parallèle avec le confinement actuel, dans ce monde renversé où des petits humains sont enfermés et les animaux en liberté ? Où les enfants semblent nettement plus sensés que les adultes ?
Et nous les GP, à quand la liberté, la vraie ? et qu’en ferons-nous ?

Une BD 1ère lecture d’une profonde originalité. Un véritable ovni dans les parutions du moment.