Reconnaître le talent artistique des enfants

Le Muz, sur l’idée folle de Claude Ponti pas si fou que ça, est une mine d’or mais surtout une mine d’ART.
Le Muz est un musée « qui ne se prend pas au sérieux » mais qui prend l’art des enfants très au sérieux. Entièrement virtuel, il accueille des milliers d’œuvres, sur des thèmes variés, avec des techniques, des styles ou des médiums allant du dessin pur au land art, de la poésie à la video, de la figuration à l’abstraction.
L’art des enfants nourrit l’espace infini du Muz, ce jardin, cet océan, cette île où leur créativité trouve refuge. Surtout, elle y est reconnue.

Ta chambre comme une île est le thème qui accompagne ce long confinement. Une des merveilleuses expositions à visiter.
Lieu de refuge et de rêve, lieu de solitude et d’intimité avec les frères, les sœurs, les ami.es qui y entrent, champ des secrets et des cachettes, espace des jeux qu’on invente avec tout ce qui nous entoure et ce qui est dans notre tête, la chambre est là où l’imaginaire se déploie.

Les enfants ont tant à dire ! Pour qui est attentif à leur création, Le Muz met au grand jour leur regard et leur vision originale du monde, leurs aspirations et leurs rêves. Créer pour eux est naturel, nécessaire. C’est leur langage, avant même de savoir lire et écrire.

Au Muz, on déambule à travers les expositions, l’artothèque, les collections qui ne cessent de nous éblouir. Par exemple dans l’exposition Germaine Tortel, j’ai admiré ces deux peintures, l’une sur le thème de Paris, témoignage de la cathédrale Notre-Dame avant l’incendie, l’autre, sur le thème de la maternité. Quelle force dans ces œuvres habitées, que ce soit les bras faisant cercle autour du bébé et l’attitude du corps (dans la maternité), ou le choix des couleurs et du contre plan impressionnant dans la représentation de la cathédrale.

À confronter tant de créations, on ne peut que s’émouvoir de la grandeur des ailes de l’enfance et du regard des enfants sur la vie. À peine tiennent-ils un crayon en mains qu’ils veulent laisser leur trace, dire ce que les mots ne peuvent pas encore exprimer, ou n’osent pas.
Et toi, artiste en puissance, tu aimerais envoyer tes dessins ? C’est facile ! Crée-toi un compte (à partir de 2 ans), visite le musée virtuel et partage ton/ tes œuvres.
Enseignants, parents, prenez le temps d’explorer l’espace d’exposition que les enfants auront plaisir à nourrir de leurs propres œuvres. Encouragez-les à la création et surtout offrez-leur une reconnaissance.

« J’ai mis toute ma vie à savoir dessiner comme un enfant ». Pablo Picasso
Et pourtant cette œuvre n’est pas de Picasso mais de Moussa, 6 ans.


Vous avez admiré les dessins de
(de haut en bas) :
– Tête d’ours, Chloé (6 ans)
– Ma chambre comme une île de Lou Pohu Prouveau (7 ans)
– Notre-Dame de Paris (7 ans) – Exposition Germaine Tortel
– Maternité, Yvette (7 ans) – Exposition Germaine Tortel
– Moussa (6 ans)- Collection Fabien Pinaroli
– Ma chambre comme une île, Jeanne Beedasse (8 ans)

Avec le soleil

Susumu Shingu est un artiste japonais connu du monde entier pour ses sculptures d’acier et de toile animées par l’eau et le vent, dévoilant les danses gracieuses que produit l’air sur les formes.
Si nous pouvons dire qu’il est héritier d’Alexandre Calder, artiste américain qui fut le premier à imaginer des sculptures en mouvement en s’inspirant de l’équilibre et des forces du cosmos, Susumu Shingu s’intéresse plutôt à la poésie terrestre qui touche nos sens.
Les deux créateurs gardent un lien fort à l’enfance – l’un par ses jouets mécaniques (Calder), l’autre par la création d’albums jeunesse (Shingu) -, mais l’artiste japonais  déploie une plus importante volonté de transmission. Par des livres simples aux illustrations éloquentes qui les emmènent en voyage, Susumu Shingu sensibilise les plus jeunes à la beauté de la nature, à son harmonie, son souffle et son constant jeu de métamorphose.

Gallimard jeunesse (collection Giboulées) a déjà publié plusieurs de ses ouvrages destinés à la jeunesse. Quelle bonne idée!  On ressent autant de poésie  dans ses publications d’albums que dans ses oeuvres d’art. La facture même des livres témoigne de l’importance et du respect que l’artiste a pour l’œuvre papier.

Dans le dernier album publié par l’éditeur, avec le soleil, Susumu Shingu invite le lecteur à entrer de plein fouet dans la lumière du soleil, dès la page couverture et les pages de garde jaune vif. Quelques phrases seulement s’étalant sur plusieurs pages, racontent la simple balade à vélo de cinq amis. C’est à travers les illustrations aux cadrages inusités nous transportant à travers la campagne que le lecteur apprécie cette promenade. Nous traversons des prairies, nous nous reposons sous un arbre immense, nous plongeons dans la forêt où l’imaginaire nous joue des tours, nous pique niquons et jouons ensemble. Le temps passe, les ombres s’allongent. Le héros de l’histoire est un rêveur. Un rêveur sensible à la beauté des papillons qui volent, au vent qui frôle ses joues, à l’odeur des feuilles humides, à l’éblouissement du soleil. Quelle magnifique journée!

Dans l’esprit d’un livre qui est à la fois objet artistique (beauté esthétique), poétique (lien texte image) et scientifique (l’effet de la lumière), j’aimerais faire un lien vers un autre magnifique ouvrage publié chez Gallimard jeunesse, COLORAMA, un imagier des nuances de couleurs imaginé par Cruschiform. Quel travail, quel voyage à travers ce gigantesque nuancier qui nous donne à rêver autant que l’envie d’apprendre. Tiens, que dit Cruschiform à propos de ce jaune vif utilisé par Susumu Shingu dans ses pages de garde et qu’elle nomme jaune Tournesol: « Dans le monde végétal, les fleurs arborent des couleurs éclatantes pour attirer l’attention des insectes butineurs. Celle du tournesol est d’un jaune flamboyant. Sa tige héliotrope lui permet de suivre la trajectoire du soleil tout au long de la journée, d’où le nom de cette plante. » Et si maintenant, on regardait un tableau des tournesols de Van Gogh?

Riopelle, l’artiste magicien à la rentrée littéraire

Et voilà, j’ai très hâte de vous présenter ce dernier né de ma tête, Riopelle, l’artiste magicien. Cela faisait longtemps que je lui tournais autour, à Riopelle. Il m’impressionnait peut-être un peu, et je n’étais pas si certaine que cela d’aimer son travail qui m’attirait et me repoussait en même temps. J’ai plongé en apnée …

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