Liberté sur trottinette!

Voici en cinq chapitres, l’histoire désopilante de Jacquotte et Sheila suite à la découverte de PP : Jacquotte, notre narratrice, une adorable petite poulette, adore Sheila, sa baby-sitteuse, jolie pouliche très branchée, accro à son portable, arborant une belle crinière, maquillée, coiffée, et tout et tout. « Avec elle, c’est tous les jours l’aventure. » …

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Vive Tomi!


« Mon brigand à moi, c’est Tomi ! », tel était le titre de l’article que j’ai écrit en 2017 pour la revue Le Pollen.
Tomi Ungerer est un artiste fondateur, un de ces créateurs qui m’ont obligée à me poser des questions, à réfléchir à ce que voulait dire « écrire pour les enfants ». Car les enfants, il les protégeait de tout avec son humour grinçant ; il les protégeait de la niaiserie, de la mièvrerie, de la bêtise, du formatage, du conventionnel. Sa confiance en eux était immense.
Quand il a commencé à faire des albums (aux États-Unis d’ailleurs où il est parti avec 3 sous en poche), on en était encore à l’âge des Martine, (autant dire la préhistoire de la littérature jeunesse!) et lui était d’avant-garde: ressort narratif, humour, dessin.
Pensez aux Trois brigands qui met en scène des voleurs…à qui une petite fille va montrer  le chemin  de la rédemption. Pensez à l’esthétique et au minimalisme des illustrations !
Pensez aussi à ce Jean de la lune qui dénonce avec fantaisie et astuce l’intolérance à la différence, la peur de l’inconnu. Ou encore à ce Géant de Zéralda au couteau impressionnant qu’une petite fille va pourtant « séduire » par l’estomac. Décidément, Tomi croyait au pouvoir féminin !
Pensez aussi à l’utilisation d’animaux totalement atypiques encore dans les livres jeunesse: chauve-souris, serpents, kangourous…Et quand il se sert des cochons ( Les Mellops) c’est pour montrer une famille nombreuse et inventive.
Il y a tant à dire.
Ajoutons qu’encore l’année dernière, il publiait un livre de philosophie pour les enfants, Ni oui ni non

Et tant pis pour celles et ceux qui, choqués de ses sculptures érotiques, de ses dessins pornographiques, de ses dessins d’humour ou de ceux qui dénonçaient la guerre du Vietnam, l’ont banni de leurs bibliothèques.
Doit-on s’enfermer en littérature jeunesse quand on crée pour les enfants ? 

J’invite tous les lecteurs à replonger dans son univers pour mieux retrouver sa trace chez les créateurs d’aujourd’hui qui tous ou presque se réclament de lui.
Son œuvre reste moderne par son anticonformisme, son engagement, son humanisme et sa très grande liberté. Tomi, tu nous manqueras. Tu me manques déjà.


Pff! Ça sert à quoi la poésie?

Personne ne sait/ ce qu’est la poésie/mais personne n’ignore/ qu’elle existe.
(Gérard Le Gouic)

Plutôt qu’une évocation de la rentrée en cette fin de mois d’août, je choisis l’évasion, pour le plaisir de prolonger les instants hors du temps que nous offrent les vacances.

L’évasion c’est ouvrir les barreaux de notre cerveau, laisser aller notre imaginaire au fil des mots, ces mots qui composent une musique et laissent  entrer des milliers d’images inattendues. L’évasion c’est la poésie. Et la poésie est évasion.
Dans cet album de poèmes choisis par Jean-Marie Henry et Alain Serres, Pff! À quoi ça sert, la poésie? (aux éditions Rue du Monde), vous trouverez des réponses qui vous aideront  à mieux comprendre la place de la poésie dans nos vies. Des réponses fournies par les poètes eux-mêmes.
« ça sert à quoi ou à quoi ça sert ? la poésie/ faudrait savoir/ à tout et à rien/ C’est déjà beaucoup. » (extrait du poème À quoi? de Bernard Chambaz).
Ou encore « Je sais que…/ Je sais que la poésie est indispensable/ mais je ne sais pas à quoi » , dit Jean Cocteau avec humour et lucidité.

L’album invite les enfants à poser des questions sur la place et la manière de créer de la poésie.
« Qu’est-ce qui vous a poussé à faire poète? », demande Boris, 8 ans.  » C’est le vent ! Un jour j’ai ouvert ma fenêtre et le vent m’a poussé dans la poésie », répond le poète David Dumortier.

Au fil des pages, classés en trois sections (La poésie est-elle vraiment utile?/ Ça se fabrique comment, un poème?/ Ça sert à être libre, la poésie!), de nombreux poèmes trouveront leur lecteur. On sera attiré par un titre, par le thème du poème ou le paysage de son écriture.
De Carl Norac à Michel Butor, d’Andrée Chédid à Guillevic, nous sommes touchés par leur simplicité, leur générosité à partager leurs rêves.

Laurent Corvaisier vient agrémenter ce bouquet de poésie d’illustrations aux traits colorés qui se promènent dans les pages et apportent douceur, humour, rêve sur les pensées, au-delà des mots.

Je retiens surtout l’immense liberté. Mais pourquoi n’en use-t-on pas plus souvent avec les enfants ? En poésie, je peux marier un poisson à un scarabée,  une étoile à un moineau. Essayez, laissez venir les mots, les images, sentez-vous libres d’écrire. Dans une classe, la poésie  libère l’écriture, elle encourage au « laisser aller », elle stimule l’imaginaire dont il me parait important d’en rappeler la fonction essentielle : Celle de faire de nous des humains.
Ouvrir cet album, c’est questionner notre rapport aux mots, notre capacité de s’émerveiller, et apprécier la chance de pouvoir partager nos rêves grâce à des mots.

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