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La fille à moto

Ailleurs, du latin aliore, autre lieu ; un mot en écho à celui de liberté. Et la liberté signifie tant de choses ! Pour Anne-France Dautheville, en 1973, c’est sauter sur sa moto et faire le tour du monde. Cette histoire vraie au goût de l’aventure, Amy Novesky l’a reprise pour nous faire rêver et peut-être nous dire que tout est possible. Illustré par Julie Morstad et publié aux éditions La Pastèque, La fille à moto est une invitation au voyage et un magnifique constat sur le monde.

1973. La fille a mis son vinyle sur le tourne-disque, elle appelle une copine avec son téléphone à fil et rêve d’aventures. Adieu la tour Eiffel. Un casque et deux sacoches avec le strict minimum.

Il faut oser, quand même, dans ces années-là pour une fille seule, partir faire le tour du monde ! « Calme-toi. Écoute la route ».

Il y a plusieurs façons de faire le tour du monde : d’Est en Ouest ou l’inverse. Et quels choix de pays traverser ?
La fille à moto décolle vers le Canada qu’elle traverse pour ensuite atteindre l’Alaska, l’Inde,  l’Afghanistan, la Turquie, la Bulgarie, ce qui était la Yougoslavie, la Hongrie, l’Allemagne, pour revenir en France.

Dans cette liberté qu’elle s’est offerte, elle embrasse la nature. Elle traverse des paysages extraordinaires et rencontrent des gens qui le sont tout autant. Car ses expériences lui montrent à quel point les gens sont bons, et à quel point ils sont beaux.

Il y aura des pannes, des montagnes à gravir, du camping sous la pluie…
« Elle tombe beaucoup. Parfois c’est amusant. Parfois, non. Elle se relève toujours ».
Elle s’imprègne de tout ce qu’elle voit, de tout ce qu’elle sent et ressent, de la générosité des gens et celle de la nature. « C’est peut-être le plus beau moment de sa vie ». C’est sans doute pourquoi nous sommes captivés en lisant ce récit : la fille à moto savoure chaque instant de son voyage et nous invite à le savourer aussi. « Elle porte le monde sur elle comme une magnifique écharpe brodée. »

Pour illustrer ce voyage, Julie Morstad n’emploie pas d’illustrations aux couleurs réalistes, mais a choisi un trait fin, un style très graphique très vintage en accord avec les années 70. Elle travaille presque comme en photo reportage avec des images tantôt pleines pages tantôt en vignettes qui accompagnent plusieurs anecdotes. Malgré le style assez dépouillé, les illustrations avec leurs cadrages très variés donnent une bonne idée du contexte, des lieux traversés et des atmosphères. Elles fournissent un grand nombre de détails sur la culture et l’esthétique de chaque pays.

À la lecture de cette aventure, on ne peut s’empêcher de se questionner : 50 ans plus tard, un tel voyage serait-il possible ? Comment ? Qu’est-ce qui a changé ? Et qu’est-ce qui n’a pas changé ? Nos peurs sont-elles semblables ?
Quels goûts ont les aventures d’aujourd’hui ? Qui ose encore faire de telle escapades en solitaire ?
Les grands bouddhas de Bamiyan ont été détruits, la Yougoslavie a disparu de la carte. La place des femmes dans la société a changé, mais pas partout.
Cependant les enfants restent curieux et étonnés. Les aurores boréales sont toujours présentes et les montagnes aussi immenses.

« Le monde est beau. Le monde est bon. Quand elle ferme les yeux, la fille entend encore la route. Elle a repoussé un peu plus loin, les frontières de l’Ailleurs ». Donnons à nos enfants le goût de repousser les frontières.